17 août 1990 - 19 août 1991
Dès l’invasion du Koweït par l’Irak le 02 août 1990, les nations Unies ont proclamé la résolution 660, notamment le retrait inconditionnel de l’Irak. Vu la réaction négative de l’Irak, un embargo a été déclaré le 06 août 1990 contre ce pays.
Le Zinnia, navire de Commandement et de Soutien logistique accompagné des chasseurs de mines "Iris" et "Myosotis", appareille de Zeebrugge le 17 août pour effectuer une campagne d’entraînement dans la partie Est de la Méditerranée. Le 06 septembre 1990, le gouvernement décide que ces unités continueront leur route en direction de la zone du Golfe avec pour mission, dissuader la pose de mines, exécuter des opérations de lutte contre les mines, assurer une présence navale et le contrôle de l’embargo.
La mission commence le 23 septembre 1990 dans le Golfe d’Oman, où une recherche de mines dans les voies d’accès des ports de Fujayrah et de Khor Fakkan est effectuée. Une superficie de 1200 km² fut ainsi investiguée.
Simultanément des bâtiments marchands ont été interpellés et identifiés de sorte que les alliés puissent avoir une vue d’ensemble de la navigation commerciale dans la zone.
Suite à l’intensification de l’embargo et à la nécessité de protéger les convois, le gouvernement décide, le 26 septembre 1990, d’envoyer également une frégate dans la région du Golfe.
Le 4 octobre 1990, la frégate Wandelaar quitte Zeebrugge avec pour mission d’escorter un convoi britannique (opération Sea Tail). Dès le 14 octobre 1990, le Wandelaar participe effectivement aux opérations de contrôle de l’embargo dans le sud de la Mer Rouge.
A la fin du mois de décembre 1990, les équipages du Zinnia de l’Iris et du Myosotis sont relevés tandis que, le 19 janvier 1991, la frégate Wielingen appareille pour reprendre la mission de la frégate Wandelaar, juste quelques jours après le début de l’offensive aérienne alliée contre l’Irak.
En fin de mission, le Wandelaar aura interpellé et identifié 2154 navires (11% UEO), tandis que quinze contrôles ont été menés dans l’application de l’exercice du droit de visite.
Lors de son voyage de retour, le Wandelaar participe aux opérations de sauvetage de l’équipage du cargo "Continental Lotus", coulé en méditerranée. Le 21 janvier 1991, quatre survivants sont recueillis et dix-sept corps sont repêchés.
La mission de la flottille de lutte contre les mines dans le Golfe d’Oman se termine fin janvier 1991. Aucune mine n’a été découverte dans cette zone, ce qui permet de conclure que la dissuasion a été effective.
Dès lors, le gouvernement décide de déplacer la zone d’opération de la flottille. Ainsi, entre le 4 janvier 1991 et le 23 février, la possibilité d’une présence de mines est successivement examinée dans le détroit d’Ormuz et sur les voies d’accès maritimes des ports de Dubay et de Dawhah (Quatar).
Pendant cette période, le Wielingen collabore activement au contrôle de l’embargo dans le sud de la Mer Rouge. Le 9 février 1991 le Wielingen effectue une opération de sauvetage au large des côtes du Yémen. Vingt-cinq marins du navire marchand turc Eregli sont recueillis à bord de la frégate. Seul le commandant du cargo est porté manquant. Les membres survivants de l’équipages sont ensuite débarqués à Djibouti et remis à la disposition du consul turc en place.
Vu la proximité de l’offensive terrestre pour libérer le Koweït et l’urgente nécessité d’escorte et de contrôle du trafic de transport dans le sud du Golfe Persique, le gouvernement décide le 18 février 1991 de déplacer la zone d’opérations du Wielingen vers cette région. Toutefois, le Wielingen ne participera pas directement aux opérations offensives.
Le 18 février 1991, le croiseur américain Princeton et le navire d’assaut américain Tripoli sont gravement endommagés par l’explosion de mines dans le nord du Golfe Persique. Des mines dérivantes avaient déjà été signalées dans cette zone auparavant. La menace de mines est donc bien réelle.
Le 27 février 1991, le gouvernement décide de déployer un chasseur de mines supplémentaire dans la zone du golfe. Le Dianthus, affecté en ce moment à la Force Navale Permanente de la Manche opérant en Méditerranée, est détaché pour rejoindre la flottille belge de lutte contre les mines le 21 mars 1991.
Le 27 février 1991, la menace aérienne devant la côte Kowéïtienne est à ce point diminuée que les opérations de lutte contre les mines peuvent se dérouler dans des conditions acceptables. Dès lors, le gouvernement décide d’engager les chasseurs de mines Iris et Myosotis dans cette zone.
Le 4 mars 1991, la première mine est détruite. Au moment où les équipages du Zinnia, de l’Iris et du Myosotis sont relevés pour la seconde fois, environ 270 mines ont déjà été détruites par nos chasseurs.
Suite au danger de mines devant la côte Kowéïtienne et forcément devant la côte irakienne, le trafic maritime dans la région a tellement diminué que les navires, déployés pour le contrôle de l’embargo peuvent être retirés.
Le 12 mai 1991, le gouvernement décide de ne plus remplacer le Wielingen par une autre frégate en fin de mission.
Le Wielingen aura interpellé et identifié 1024 navires marchands tandis que 13 contrôles ont été menées dans le cadre de l’exercice du droit de visite. Le 17 juin 1991, le Wielingen accoste à Zeebrugge, son port d’attache.
Le déminage au large du Koweït s’éffectue rapidement du fait que des dragueurs et des chasseurs de mines français, britanniques, néerlandais, allemands, italiens, américains et japonais participent également aux opérations.
La menace due aux mines diminue de façon telle, que le 31 mai 1991 le gouvernement prend la décision de rappeler le Zinnia, l’Iris et le Myosotis à partir du 1 juillet 1991. Le Dianthus voit son séjour prolongé d’un mois. La France et la Hollande prennent de semblables décisions.
Après un déploiement de 11 mois, avec deux changements d’équipages, les Zinnia, Iris et Myosotis sont attendus le 17 juillet 1991 à Zeebrugge. Le retour du Dianthus est, quant à lui, prévu pour le 19 août 1991.
En exécution de la mission décidée par le gouvernement et commencée le 17 août 1990, la Force Navale a mis en oeuvre 1234 marins, parmi lesquels 123 officiers, 501 sous-officiers, 414 volontaires de carrière et 196 miliciens.
Les frégates ont identifié 3168 bâtiments marchands et appliquèrent 28 fois le droit de visite, sans oublier les deux opérations de sauvetage.
La flottille de lutte contre les mines s’est chargée, dans un premier temps, de dissuader de poser des mines et a participé dans un second temps, au déminage au large du Koweït. Cette opération de lutte contre les mines entraîna la destruction, en trois mois, de 1248 mines dont 280 à l’actif des Belges.
1990
Le 13 août, le gouvernement décide d’envoyer une flottille de lutte contre les mines en Méditerranée pour exercice.
Le 17 août, le ZINNIA, l’IRIS et le MYOSOTIS quittent Zeebrugge.
Le 8 septembre, fin des manoeuvres en Méditerranée, la flottille fait relâche à Port-Said (Egypte).
Le 25 septembre, la flottille arrive à Fujayrah.
Le 4 octobre, le WANDELAAR appareille de Zeebrugge à destination de Djibouti.
Le 22 octobre, le WANDELAAR exercera le contrôle de l’embargo dans la zone du détroit de Bab-el- Mandeb.
Le 1 novembre, la flottille de lutte contre les mines commence ses opérations dans le Golfe d’Oman.
1991
Le 17 janvier, début de l’opération DESERT STORM.
Le 19 janvier, le WIELINGEN prend la relève du WANDELAAR.
Le 6 février, la flottille (TG 418.2) passe le détroit d’Hormuz.
Le 14 février, le WIELINGEN arrive à Muscat (Oman).
Le 22 février, le WIELINGEN entre dans le Golfe Persique.
Le 21 mars, le DIANTHUS (STANAVFORCHAN) rejoint le TG 418.2.
Le 17 juin, le WIELINGEN accoste à Zeebrugge.
Le 17 juillet, le ZINNIA, l’IRIS et le MYOSOTIS accostent à Zeebrugge.
Le 19 août, le DIANTHUS accoste à Zeebrugge.
La deuxième guerre du Golfe Persique est terminée pour la Force Navale. Avec 280 mines détruites, la Belgique se place en tête des nations qui ont participé à la lutte contre les mines.