Les bâtiments de la famille du Barcock étaient destinés entre autres à la pose d'amarrages, constitués souvent de coffres flottants. Cette opération de pose était couramment appelée en anglais « Moorings », en temps de guerre, le nombre de navires en service s'accroît et dès lors les emplacements le long des quais et des jetées, existant dans les ports sont bien souvent insuffisants. Une solution idéale consiste donc à amarrer les navires à des coffres disposés au large, dans des baies protégées. On peut bien entendu utiliser l'ancrage propre de chaque navire mais lorsqu'il s'agit par exemple d'un cuirassé de fort tonnage, et donc de grande longueur, le mouvement circulaire qu'il imprime autour de son point d'ancrage, suite aux courants, aux marées et aux vents dominants, lui font décrire un cercle important.
De plus, en fonction de la longueur de sa chaîne, le cercle peut souvent dépasser les 600 mètres de diamètre, il faudrait donc des emplacements énormes pour loger une telle flotte. La technique du Mooring est une solution idéale à ce problème car on y amarre les navires à mi-longueur et ce dernier ne se déplace donc plus que sur une course égale à sa propre longueur. Pour mettre en œuvre ces coffres flottants, il suffit de placer au fond de l'eau et en étoile, trois longueurs de chaînes qui se partagent les 360 degrés d'un cercle et qui se terminent respectivement par un lest et une bouée. Du centre de cet assemblage, part une autre chaîne verticale celle-ci, à laquelle est fixée le coffre et ce dernier est alors muni d'un anneau pivotant auquel s'amarrent les bateaux. Chaque bras de ce dispositif tentaculaire est constitué de 90 mètres de chaîne, composé d'éléments de 18 mètres pesant chacun 5 tonnes. Chaque maillon, long de 75 centimètres, est en acier spécial et sa section est de 10 centimètres carrés, ils servent donc, grâce à leurs poids, à maintenir à un endroit déterminé le coffre flottant. Toutes ses opérations de mise en place se font sous la surveillance de plongeurs et en plus anciennement par des scaphandriers, les fameuses semelles de plomb, les coffres flottants, ces véritables bouées d'amarrage composées d'un cylindre de 4 à 5 mètres, pèsent à eux seuls près de cinq tonnes alors que les lest en béton ont un poids quand a eux qui oscille entre 5 et 8 tonnes, quelquefois, on utilise des ancres spéciales qui avoisinent les 10 tonnes. A titre de comparaison et de proportion, pour amarrer un cuirassé de 30.000 à 35.000 tonnes, il faut disposer environ 150 tonnes de chaînes et d'ancres.
Il est à noter que les BDV ne transportent pas en permanence du matériel à bord.
Par conséquent, avant chaque opération de mise en place, ils doivent embarquer les éléments nécessaires à leur mission et ce, à partir d'un navire de charge.
A la fin de la deuxième guerre mondiale, on utilisa même des chalands de débarquement pour accomplir des tâches de transport. Pour des raisons évidentes de stabilité, les BDV ne pouvaient embarquer sur leur pont qu'une charge maximale temporaire de 40 tonnes.
Pour protéger les bases navales et leurs navires des attaques de sous-marins et de leurs torpilles, il fallait également établir une ceinture de filets de protection descendant jusqu'au fond de l'eau. Cette opération étaient communément appelée
« Netlaying ». La première phase consiste à placer des bouées provisoires de balisage, indiquant les extrémités futures du filet à établir ainsi que l'emplacement de ses différentes sections. Cette tâche est accomplie par une série de petits navires tels que, par exemple, les chalutiers armés de type MFV (Motor Fishing Vessels) ou autres picket boats. Quand le site est balisé, le BDV entre en action et place dans un premier temps des bouées définitives destinées à la fixation du dessus du filet. Ces bouées sont elles-mêmes maintenues en place par des chaînes ancrées au fond de l'eau grâce à des blocs de béton, après quoi, les bouées provisoires sont enlevées. Les filets proprement dits, sont quand à eux, assemblés à proximité, sur la rive ou sur la plage voisine. Ils sont constitués d'un entrelacement de milliers d'anneaux d'acier. Ce curieux montage, ressemblant à une gigantesque cotte de mailles, est conçu pour résister à un sous-marin de 2.000 tonnes se déplaçant à une vitesse de 10 nœuds. Après leur assemblage, les sections du filet sont enroulées et garnies d'un grand nombre de bouées leur permettant de rester à flot pendant leur transport. C'est aux BDV qu'incombe alors la tâche de remorquer chaque section du filet, de les mettre en place et de les fixer aux bouées prévues à cet effet, l'opération se renouvelant ainsi autant de fois que nécessaire. Après cette phase de travail, les bouées de transport sont détachées et le filet se déroule de lui-même jusqu'au fond de l'eau.
Un dispositif d'ouverture est bien entendu étudié pour le passage des navires alliés qui s'effectue par une porte; le
« Gate Vessel ». C'est à nouveau un BDV qui est affecté à cette mission et qui fait office de « Portier », tout en restant vigilant à l'approche éventuelle d'un sous-marin de l'Axe. Le BDV est ancré à une des extrémités de la fameuse porte et, par un jeu de poulies, il la manœuvre comme lors de l'ouverture d'une porte classique. Une autre méthode prévue pour le passage de navires, consiste à laisser descendre une section de filet jusqu'au fond de l'eau et de la remonter ensuite.
Ce bref exposé résume très brièvement certaines tâches qu'accomplissaient ces marins servant sur les BDV et ce, par tous les temps et sans discontinuer.
Il est à noter qu'à l'heure actuelle, seul subsiste un exemplaire d'un BDV, le SOMERSET, ex BARCROSS, bâtiment conservé au Musée maritime d'Afrique du Sud, probablement au Cap.