L'instruction théorique donnée à terre pendant une année, était complétée par un écolage pratique en navigation, qui durait deux ans. Cet écolage pratique se faisait également sous la conduite d'un praticien européen.
Préalablement à leur entrée aux écoles, les candidats marin du cadre, étaient soumis à un amarinage dont la durée moyenne est d'une année.
Cette façon de procéder, permettaient aux jeunes congolais désireux de s'engager, de tâter du métier et de faire subir à leur vocation naissante, le test des dures réalités du métier, vers lequel ils croyaient se sentir attirés. Le pourcentage de ceux qui résistent à cette première épreuve ne dépassait pas, en général 50 %
Mais les candidats qui terminaient le cycle au complet, étaient en général d'excellents éléments, capables, conscients de leur responsabilité et dont les qualités instinctives font honneur à ceux qui les avaient formés.
Ils étaient alors présentés au Service de l'Inspection de la navigation, qui leur délivre après examens théorique et pratique, un permis officiel de naviguer, avec un grade approprié au stade de leurs connaissances et au temps déjà passé en navigation.
Les efforts du personnel européen en charge de l'enseignement théorique et du perfectionnement pratique, avaient pour objectif de former un personnel hautement qualifié, capable de produire un service impeccable. Le seul moyen d'y arriver était d'appuyer les connaissances professionnelles sur une valeur réelle des qualités humaines.
Aussi, après un sérieux triage préliminaire et une stricte discipline en cours de formation, veillait-t-on à réformer chez les candidats un sens moral parfois un peu vacillant, et développer en eux le sens du devoir. En d'autres termes, la formation humaine concrète qui faisait parfois défaut, était poussée parallèlement à une formation professionnelle très complète.
Ce travail passionnant, mais ingrat, exigeait des formateurs d'améliorer sans cesse les moyens de transmettre leurs savoir à leurs pupilles, à travers le modèle et la réputation de leur expérience professionnelle. Aussi, est-ce avec une très réelle satisfaction que l'on observait les résultats tangibles déjà obtenus.
Toutes les unités à propulsion mécanique avait à bord des " second " congolais, collaborateurs directs des capitaines européens. Tous les bâtiments tractés de tous tonnages, y compris les plus important, était placés sous la responsabilité d'un patron congolais, qui avec son équipage, assurait tous les services du bord, aussi bien en route que dans les ports.
En ce qui concerne le personnel des machines, la section était gérée par un mécanicien de marine. Elle comprenait un petit atelier où pendant deux années, les candidats, préalablement dégrossis, se familiarisaient avec la théorie, la conduite, l'entretien et les réparations des machines et moteurs de marine. (fig 99 - 100)