lui apprirent que le lac empiétait constamment sur ses rives. Il vit des îles que les indigènes avaient connues rattachées à la côte, il découvrit ainsi l'embouchure de la Lukuga et nous renseigne en ces termes :
Ce fut le 3 mai 1874 que, par une brise fraîchissante venant de l'Est, je mis à la voile avec l'espoir de me trouver quelques heures après dans la Loukouga. Il allait être midi lorsque nous y arrivâmes. Je vis une entrée de plus d'un mille de large, mais fermée aux trois quarts par un banc de sable herbu. Un seuil traverse même ce passage : parfois la houle vient s'y briser violemment, bien que dans sa partie la plus haute il soit couvert de plus de six pieds d'eau.
Le chef dont je reçu la visite, me dit que la rivière était bien connue de ses sujets ; ils en avaient fréquemment suivi les bords pendant plus d'un mois, ce qui les avaient fait arriver au Loualaba …
Le lendemain matin, il plut à verse ; malgré cela, accompagné du chef, je descendis le Loukouga jusqu'au point où l'amas de végétation flottante nous empêcha d'aller plus loin ; toutefois des canots auraient pu s'ouvrir un passage.
Ce premier amas, d'une étendue d'une étendue de quatre à cinq milles, était suivi, disait-on, d'une eau libre de même longueur, et cette alternance de parties emcombrées et de canaux dépourvus d'herbes se continuait jusqu'à un endroit fort éloigné …
Les embouchures des petits cours d'eau que, pendant notre descente, nous vîmes se jeter dans le Loukouga étaient incontestablement à l'opposé du lac, et les herbes flottantes suivaient toutes cette direction contraire.
STANLEY revenu en 1876 intrigué par la montée des eaux du Tanganyka, informé que Cameron avait trouvé un " émissaire " du lac, affluent de la grande rivière de Livingstone, c'est-à-dire le Lualaba se pointa le 15 juillet à la Lukuga et rencontra le chef du territoire qui forme la rive méridionale de la rivière nommé Kahue. Le soir même il mentionnait dans son journal :
A l'embouchure de la Lukuga, les opinions sont très partagées au sujet de cette rivière, de cette crique, de ce bras du lac, de ce que cela peut-être. La Lukuga paraît-il a des caprices, des bouderies, quelquesfois elle coule vers l'Ouest, quelquefois vers l'Est …
Lors de la visite de Cameron en 1874, il y avait à l' "entrée de la Lukuga un banc de sable sec, garni d'herbes ou de cannes, se projetant de la ruve méridionale,et un autre banc semblable, partant de la rive Nord. Un étroit canal séparait les deux langues sableuse. Aujourdh'ui, toutes les deux sont couvertes d'une ligne de brisants d'une grande violence …
Stanley soupçonnait qu'une crise de la nature était imminente, ou qu'elle avait eu lieu récemment, ou qu'elle était en train de se produire. De ces trois hypothèses, quelle était la vraie ? Afin de mieux s'informer, le 16 au matin remonta la crique dont il releva une carte donnant des chiffres de sondage et de l'étendue d'un bord à l'autre (fig 15) et conclut :
Dans le Tanganyka, nous avons un lac d'eau douce qui - d'après le témoignage des indigènes, celui des résidents arabes et l'observation des différents voyageurs - élève son niveau d'une manière constante ; et dans la Lukuga, nous avons les premiers symptômes du débordement qui doit nécessairement se produire …
Le 31 juillet Stanley retraverse le lac et rejoint l'endroit choisit par les arabes pour passer d'une rive à l'autre situé dans la baie de Nganza (fig 11b) près de l'île de Kasenge. Les caps de Katenga et Kilindi étaient devenus des îles …
Les clichés des ( fig 12 et 12 bis) présentent un aspect des îles vers 1881 alors qu'un cliché récent montre les lieux vers les années 2000.(fig 13).