Vaste étendue d’eau largement couverte de végétations diverses mais où le papyrus domine. A l’époque de la première reconnaissance de caractère uniquement hydrographique, il est apparu que :
le Lualaba disparaissait complètement dans ce vaste marécage :
aux eaux hautes de grands bancs de papyrus entrainant d’autres végétaux, et partant à la dérive poussé par le vent, venaient encombrer et bloquer tout passage à la sortie
aux eaux basses, aucun obstacle ne s’opposait à la navigation en suivant un chenal sous lacustre sur la plus grande partie du parcours, avec une largeur de l’ordre de 150 m et une profondeur de quelque 5 m.
Pour ouvrir le lac Kisale à la navigation, il s’agissait donc de protéger le chenal constituant le lit du fleuve contre les dérives de papyrus de façon à ce qu’il reste ouvert toute l’année. C’est à l’aide de ducs d’Albe qu’on est arrivé à ce résultat, mais les inconvénients du système sont malgré tout nombreux.
Il faut des pieux d’une longueur d’au moins 15 mètres, et encore, la fiche dans le bon sol est précaire, car le fond du lac est recouvert d’une couche de vase molle qui atteint, en général, plus de 5 m à un niveau correspondant au zéro de l’échelle de Kama
D’autre part, les fluctuations annuelles du niveau d’eau sont importantes et les pieux en bois pourrissent rapidement, là où ils sont soumis alternativement à la sécheresse et à l’eau.
Une poussée un peu forte peut dès lors provoquer leur rupture, et par voie de conséquence, l’envahissement du chenal
La période critique se situe de mars à juin, époque à laquelle, dès que le niveau des eaux de Kama atteint et dépasse trois mètres, les papyrus dont les racines sont d’excellents flotteurs se dégagent des fonds desquels ils étaient échoués aux eaux basses et commencent à flotter à la surface.
Toute cette masse flottante donne forte prise au vent, d’autant plus quand les eaux sont hautes, et surtout pendant le mois d’avril et mai
Malgré les dispositifs de défense, les embacles sont donc encore assez fréquentes et il peut arriver que leurs étendues soient grandes. Dans ce cas il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre le nettoyage par les services organisés dans ce but. En cas de blocage très important, le passage peut être détourné pendant un certain temps par des chenaux latéraux, entretenus à cet effet, afin de contourner les grosses obstructions
Par la rive gauche, le chenal du km 436 ou celui du km 438, permet de gagner une zone d’eau habituellement libre en direction de Kikondja et de rejoindre le fleuve au km 449.5 par le chenal Kisangila, pourvu d’une échelle de brassiage
Par la rive droite, un passage peut être possible par la Lufira km 441, où le chenal de Kisanga - Lumbwe km 448 permettant tous deux de rejoindre le lac Lunda, et de là le fleuve au km 462 par le chenal de Yakalwa, soit au km 470.5 par le chenal Lunda.
Le navigateur est avisé journellement de la situation aux poste de Kadia en aval et de Kalombo en amont, où il est prié de se renseigner et de s’arrêter le cas échéant. En cas de détournement, des unités spéciales assurent le pilotage et l’aide nécessaire sur un parcours extrêmement difficile à tous points de vue.
Section Kalombo km 465 - Kabelwe km 548