Ces rives appartiennent aux types les plus divers. Au bord des fosses profondes, se dressent d'importants massifs rocheux souvent très élevés. De grandes plages de sables en pente douce, se rencontre en bordure des régions moins accidentées. De vastes plaines alluvionnaires au sol particulièrement riches, s'étendent dans le prolongement de maintes vallées. Quelques régions marécageuses correspondent à des deltas ou à des estuaires.
Il n'existe aucun courant régulier ni marée quotidienne perceptible.
Le climat.
En petite altitude, les régions riveraines jouissent d'un climat privilégié, fortement influencé par le régime des vents et la température des eaux.
Il y a deux saisons bien distinctes :
- une saison sèche de la mi-avril à la mi-octobre
- une saison des pluies de la mi-octobre à la mi-avril.
La température annuelle moyenne est de l'ordre de 24° centigrade, avec minima pouvant atteindre 16° en juin et maxima de 32° en décembre.
La température moyenne des eaux du lac est de l'ordre de 26° en surface et de 23° en profondeur.
La moyenne des précipitations est de 850 mm de pluie par an.
En saison des pluies, l'atmosphère est d'une pureté remarquable et la visibilité peut s'étendre jusqu'à plus de 80 kilomètres. En saison sèche par contre, cette visibilité est parfois réduite à l'extrême du fait de fortes concentrations de fumées, provenant de gigantesques feux de brousse, qui sévissent chaque année, dans les vastes savanes de l'Afrique Equatoriale.
Le régime des vents.
Comme sur les côtes maritimes, le phénomène d'origine thermique bien connu, brise de terre - brise du large, se fait sentir presque journellement.
En saison des pluies, de forts vents du Nord soufflent par intermittence et des tornades d'une violence extrême, se déchaînent sur les eaux du lac. Au cours de ces terribles orages tropicaux, la vitesse du vent atteint et dépasse parfois 25 mètres/sec. soit 9O kilomètres à l'heure.
L'une des caractéristiques de ces grains, parfois secs, est la rapidité avec laquelle ils se déclenchent. En l'espace d'une demi-heure, il se peut qu'une zone plus ou moins étendue passe du calme plat au déchaînement complet. Soulevé par un vent furieux la houle se lève, les lames se creusent, les embruns volent. Malheur alors aux petites embarcations surprises loin des côtes.
Parfois aussi, en cette saison et le plus souvent après une tornade, des trombes d'eau, (fig 25 bis) redoutée des navigateurs à l'égal des grains, se forment au large. Se détachant sur un pan de ciel livide, leur double cône sombre se distingue nettement. Lorsqu'elles sont plusieurs, ce qui n'est pas tellement rare, le spectateur se sent gagné par un obscur sentiment de crainte. Observant dans le lointain ces hautes colonnes grisâtres ployer, onduler, se tordre, avec un sifflement étrange et assourdi, il se sent invinciblement amené à penser aux violences des temps préhistoriques.
En saison sèche, un vent régulier de SE souffle, normalement pendant le jour. Il s'annonce dans la matinée par quelques risées pour atteindre rapidement sa force habituelle, de 30 à 40 kilomètres/heure. Il diminue ensuite progressivement et disparaît en fin d'après-midi.
Il arrive cependant que ce vent, issu des immenses étendues de l'OCEAN INDIEN, souffle sans discontinuer pendant plusieurs jours. Il force alors plus qu'à l'ordinaire et atteint 50 à 60 kilomètres/heure,parfois beaucoup plus. Prises en oblique sur des distances de 180 kilomètres, vers le milieu du lac, les eaux se soulèvent en vagues courtes et dures, dont le creux atteint et dépasse 2 mètres. Les moutons se pressent au large, d'impressionnants rouleaux chargent les côtes à grands fracas. Il arrive qu'un convoi trop durement secoué, doive modifier sa route et son allure, pour ne pas risquer des avaries.
Qui ne se souvient pas en l'année 1959, de cette tempête qui avait contraint le bateau du courrier sud venant de Moba de rester en rade d'Albertville 48heures. Le " Célestin Camus ", remorqueur de mer constitué d'un équipage de volontaires, dù prêter main forte aux convois pour la manœuvre d'accostage (fig 25 & 26).